Léon Vouaux
A LA MEMOIRE
DE
L’ABBE LEON VOUAUX
AGREGE DE L'UNIVERSITE,
PROFESSEUR AU COLLEGE DE LA MALGRANGE,
MEMBRE DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE DE FRANCE.
ASSASSINE PAR LES ALLEMANDS A JARNY
LE 26 AOUT 1914

L'Abbé Léon VOUAUX
ENTOMOLOGISTE FRANCAIS
(1870 - 1914)
Le 26 août 1914, à Jarny (arrondissement de Briey), sans enquête, sans jugement, sans motif juridique, les Allemands fusillaient, avec 24 autres innocents, M. I'abbé Léon Vouaux, agrégé de l'Université, professeur de première au collège de La Malgrange.
Depuis trois semaines il remplaçait son frère dans la direction de la paroisse, prêchant à tous la confiance patriotique mais aussi la prudence vis-à-vis de l'ennemi, relevant le « moral », mais mettant en garde contre une dangereuse et inutile surexcitation. Si c'est là un crime, qu'on cite le code où il est catalogué !
Mais il fallait terroriser les pays envahis ! Et ce savant pacifique tomba victime d'un systéme qui souléve la réprobation de tout coeur droit, de toute conscience bien formée.
L'abbé Léon Vouaux, né le 25 février 1870 à Baccarat (Meurthe) (voir la carte en bas de page), professeur depuis 1892, aprés avoir longtemps accumulé les matériaux, commengait à publier les résultats de son travail intense.
En 1913, c'était, dans la collection des Apocryphes du Nouveau Testament, une étude sur Les Actes de Paul, in-8° de 384 pages sur I'Une des légendes par lesquelles l' imagination populaire tenta dés le II° siécle d'embellir la vérité. 1.
En 1914, au moment de la déclaration de guerre par l'Allemagne, une autre étude sur Les Actes de Pierre était sous presse.
Dans le vaste domaine des sciences naturelles l'abbé Léon Vouaux avait déjà tracé son sillon. Son labeur mycologique est condensé dans le Synopsis des Champignons parasites des Lichens, parue en 7 fascicules, comprenant ensemble 373 pages, de 1912 A 1914, dans le Bulletin de la Société mycologique de France. Le tome XXXI de ce Bulletin publie, sous la signature de M. P. VILLEMIN, correspondant de I'lnstitut, une notice à laquelle j'emprunte les renseignements suivants:
« Ame paisible, ignorant la malice des hommes, I'abbé Léon Vouaux n'avait ambitionné, ni le laurier des héros, ni la palme des martyrs, ni la gloire des savants. Satisfait d'une existence modeste, il partageait son temps entre l'enseignement et les études propres à élever plus haut son esprit avide de vérité. Il est mort comme il a vécu, simplement, sans peur et sans reproche.
« L’abbé Vouaux avait coutume de passer les vacances auprés de son frére, M. le curé de Jarny. Lors de la mobilisation, il resta seul pour se consacrer au ministére de la paroisse. Bientôt l'envahisseur occupait la région et décidait la mort du curé de Jarny. Pourquoi? Prétendait-il étonner les populations par une action d'éclat? Voulait-il, par un exemple frappant, démontrer qu'il existe des surhommes bien au-dessus des sentiments d’humanité ? L'âme francaise, l'âme humaine ne parvient pas à comprendre de tels calculs. Innocente victime, notre confrére tendit sa généreuse poitrine aux balles destinées à son frére. L'exemple était donné. La conscience des peuples l'a déjà jugé.
L'abbé Vouaux avait beaucoup observé, beaucoup comparé, beaucoup compulsé les auteurs ; mais s'il élargissait indéfiniment, par un travail acharné, le champ de ses connaissances, il sut se soustraire à la décevante variété des publications hâtives. C'est seulement en 1912 que paraissent coup sur coup des oeuvres de large envergure, dénotant un esprit en pleine maturité, rompu aux disciplines les plus variées.
Le nom de Vouaux n'était pas jusqu'alors inconnu des spécialistes. Depuis 1909 il est souvent cité dans les Notes lichnélogiques parues dans le Bulletin de la Société botanique de France. Il communiquait libéralement ses trouvailles à ceux qu'il appelait ses maîtres et accompagnait ses envois de remarques judicieuses montrant qu'il était passé maître à son tour. Aussi se vit-il confier par de nombreux correspondants le soin de déchiffrer les formes litigieuses qu'il était le plus apte à classer méthodiquement. L'abbé Vouaux était prêt à tirer le meilleur parti du riche matériel qui venait sans cesse accroître le produit de ses recherches assidues. Il avait en effet le rare avantage de connaître également bien les Lichens et les Champignons, deux groupes dont chacun suffit à défrayer l'activité d'une vie entiére.
Une grande prudence est apportée dans les rectifications que les faits nouveaux imposent à la classification. L'abbé Vouaux adopte celle qui lui semble la moins mauvaise, montrant une fois de plus que l'esprit francais, le premier ouvert à toutes les innovations, est le dernier à rompre avec les traditions. »
M. Villemin, dont je viens de citer la parole, conclut ainsi : « Les éminentes qualités reflétées dans le Synopsis permettent d'inscrire le nom de Léon Vouaux sur la liste des grands botanistes dont s'honore la science francaise. Devant cette figure modeste, nimbée de la gloire du héros et du martyr, nous nous inclinons avec un profond respect. »
A son tour l'entomologie n'aurait pas tardé à enregistrer ce même nom. Déja l'abbé Vouaux avait collationné tout ce que les revues françaises, anglaises, italiennes, russes et allemandes (il lisait couramment ces langues, ainsi que l''espagnol et arabe), ont publié sur les Cétonides. Et la révision de ce groupe difficile devait occuper le repos des vacances de 1914. Bon nombre de ces notes ont par malheur disparues dans le pillage du presbytère de Jarny.
Faut-il remarquer que le Catalogue Bourgeois avec ses Suppléments indique d'heureuses recherches des abbés L et A Vouaux. Grâce à elle la faune de la Lorraine a été augmentée de beaucoup d'espèces et variétés nouvelles dont la présence en cette région fut signalée confirmée.
Mais plus encore que le savant les amis de l'abbé L. Vouaux regrettent en lui homme au commerce aimable, à l'attachement sûr et discret, à la complaisance inlassable. Hélas ! il n'est plus avec eux. Une mort brutale est venue tarir dans sa source une production des plus fécondes. Mais il a reçu du juste Juge des récompenses meilleures que celles qui l'attendaient ici-bas, car selon les termes mêmes de M. Etienne LAMY, « sa vie de 44 ans s'étendit comme un signe de paix entre deux dates de guerre, et il mourut de la haine que soulève chez les Allemands le patriotisme des prêtres français. »
(a) Avant 1871 la Meurthe et Moelle n'existait pas. La Meurthe et Moselle Nord actuelle faisait partie de la Moselle et le restant de la Meurthe
1 Rapport sur les concours de l'année 1913, par M. Etienne LAMY, secrétaire perpétuel de l'Académie française, lu dans la séance publique annuelle du 13 novembre 1913.
Né le 25 février 1870 - Baccarat, 54039, Meurthe et Moselle, Lorraine, France
Décédé le 26 août 1914 - Jarny, 54273, Meurthe et Moselle, Lorraine, France, à l'âge de 44 ans
Parents
Victor VOUAUX, né le 10 mars 1836 - Vacqueville, 54539, Meurthe et Moselle, Lorraine, France,
décédé le 26 février 1894 - Baccarat, 54039, Meurthe et Moselle, Lorraine, France à l'âge de 57 ans, Débitant de boissons.
Marié le 14 avril 1868, St-Georges, 57611, Moselle, Lorraine, France, avec
Marie Adeline JACQUOT, née le 4 Septembre 1847 (Tables Décennales Saint Georges)
Livrets PDF
A la mémoire de l Abbé Vouaux. Livret PDF
Abbé Vouaux Abbé HOGARD Secretaire général de l'Evêché de Nancy
Une victime des allemands Préface Ch. RUSH Eveque Strasbourg Edité le 26/08/1925
Hommage de MP Vuillemin M. P. VUILLEMIN Corresp. Institut Société Mycologique
Hommage de Baccarat (Vidéo) Vidéo Hommage à L 'Abbé VOUAUX par la ville de BACCARAT
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